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Médecins de nuit contre la RD CONGO


Le jour où le Congo a appris, par surprise, que des troupes rwandaises venaient d’entrer sur son sol à la suite d'un "deal" avec Kabila et Kagame.

Un thread du journaliste Litsani Choukran
1. Nous sommes en javier 2009: Pas par un débat au Parlement. Pas par une communication officielle claire. Mais par des confirmations qui tombaient au compte-gouttes… pendant que la population, elle, encaissait le choc.
2/ Le premier signal d’alarme vient de là où, normalement, l’État se parle : l’Assemblée nationale.
Son président, Vital Kamerhe, lâche une phrase lourde de sens : il n’a pas été informé de l’entrée de l’armée rwandaise en RDC. Pour Kamerhe, c’est incompréhensible. Car, rappelle-t-il, l’Assemblée avait déjà travaillé : en octobre 2008, elle adopte un plan de sortie de crise, envoyé au gouvernement sous forme de recommandations.
3/ L’Assemblée, dit Kamerhe, avait aussi demandé autre chose : une force régionale de la SADC, aux côtés des FARDC, pour faire ce travail. Autrement dit : une option régionale, mais encadrée, moins explosive symboliquement.
Puis vient la phrase qui résume le séisme :
“Vous me dites que les troupes rwandaises viennent d’entrer au Congo… je préfère croire que c’est faux.”
Parce que si c’est vrai, prévient-il, c’est “tout simplement grave”.
4/ Grave, pourquoi ?
Parce que cela rouvre une plaie nationale à peine refermée : les populations sortaient à peine de l’agression rwandaise, et voilà qu’on leur annonce un retour de soldats rwandais — sans explication officielle, sans débat, sans mandat lisible.
5/ Pendant que le Parlement dit “nous n’étions pas au courant”, un autre acteur essentiel dit aussi “nous ne sommes pas dedans”. : la MONUC
Son porte-parole l’affirme : la mission onusienne n’est pas impliquée, “pour l’instant”, dans ces opérations conjointes. La MONUC va plus loin :
elle précise qu’elle n’a pas été partie prenante à la planification de l’opération.
Traduction politique : même l’ONU sur place n’a pas piloté, ni validé, ni co-construit ce qui se déroule.
5/ Pendant que le Parlement dit “nous n’étions pas au courant”, un autre acteur essentiel dit aussi “nous ne sommes pas dedans”. : la MONUC
Son porte-parole l’affirme : la mission onusienne n’est pas impliquée, “pour l’instant”, dans ces opérations conjointes. La MONUC va plus loin :
elle précise qu’elle n’a pas été partie prenante à la planification de l’opération.
Traduction politique : même l’ONU sur place n’a pas piloté, ni validé, ni co-construit ce qui se déroule.
6/ Pendant le pouvoir du président Kabila jouait le secret, Kigali, lui, assume. Le gouvernement rwandais confirme la présence de ses militaires en RDC. Mais Kigali refuse de dire l’essentiel :
combien de soldats ? pour combien de temps ?
Donc : présence confirmée, mais périmètre flou.
7/ Puis la colère s’organise : les communautés du Nord-Kivu, à Kinshasa, publient un communiqué. Elles se disent surprises et indignées par le retour de soldats rwandais sur le sol congolais.
Leur accusation est frontale :
elles dénoncent le caractère illégal et anticonstitutionnel de l’opération, engagée selon elles par des personnes “non habilitées”.
8/ Elles pointent surtout l’absence de l’essentiel :
pas d’accord-cadre public fixant les termes de référence, les limites spatio-temporelles, le rôle de chaque partie, les conditions d’arrêt… et surtout un chronogramme clair de retrait obligatoire.
Sans ces garanties, la peur est simple :
une “opération” peut devenir une installation, et une “coopération” peut se transformer en occupation de fait, sans contrôle parlementaire ni transparence nationale.
9/ Les communautés dénoncent aussi l’autre angle mort : la protection des civils. Elles rappellent les faiblesses observées lors d’opérations contre la LRA en Province Orientale, et craignent que la population paye encore le prix fort.
Conclusion de leur position :
retrait immédiat des troupes rwandaises, et si une aide extérieure est nécessaire, ne pas recourir au “voisin problématique”, mais à d’autres partenaires comme la SADC, sous mandat international.
10/ Enfin, au Sud-Kivu, les femmes mettent le doigt sur l’angoisse la plus concrète : le corps des femmes comme champ de bataille. À Bukavu, elles demandent à la MONUC un couloir humanitaire pour prévenir viols et violences sexuelles pendant les opérations.
Et là encore, un détail qui tue politiquement :
le chef de bureau MONUC-Bukavu clarifie que la MONUC n’est pas signataire des accords.
Ces accords, dit-il, ont été signés entre la RDC et le Rwanda, sans participation de la MONUC.
11/ Comment un pouvoir a-t-il pu faire entrer une armée étrangère au Congo sans consultation institutionnelle claire, sans mandat lisible, sans cadre public, et en demandant ensuite au peuple d’accepter le fait accompli ? Nul n'a jamais lu un quelconque accord ratifié par le président Kabila et Kagame à ce sujet.
Et donc, aujourd'hui, ceux qui ont placé tout notre pays et son appareil sécuritaire entre les mains de Kigali viennent organiser la désinformation autour d'un processus piloté en toute transparence et donc les accords sont publiés publiquement, dans le seul but de défendre leurs intérêts personnels.





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